Haures

Statut de cette fiche : figure d’un grimoire occultiste historique. Elle ne fait pas partie d’une liste de démons reconnue par l’Église catholique.

Cette page propose une lecture historique et critique. Elle ne contient volontairement ni sceau, ni invocation, ni rituel, ni méthode de contact.

Origine dans la littérature démonologique

Haures occupe le rang 64 dans l’Ars Goetia, première partie d’un recueil connu sous le nom de Petite Clé de Salomon. Ce texte composite a été fixé tardivement, bien après l’époque du roi Salomon, et ne possède aucune autorité biblique ou ecclésiale. Il présente Haures avec le rang imaginaire de duc.

Ce que le grimoire lui attribue

Aussi nommé Flauros, il est associé à des réponses sur le passé et l’avenir, à la chute des esprits et à la destruction par le feu.

Ces éléments décrivent les croyances et symboles du document ; ils ne sont pas rapportés ici comme des faits vérifiés. Les catalogues, grades et légions des grimoires varient d’un manuscrit à l’autre.

Ce que dit précisément l’édition de 1916

  • Rang dans la liste : 64 sur 72.
  • Titre attribué par le grimoire : duc — titre symbolique sans valeur doctrinale.
  • Graphies relevées dans l’édition Mathers–Crowley : HAURES, HAURAS, HAVRES, FLAUROS.
  • Hiérarchie interne du récit : 36 légions dans cette édition. Ces nombres participent à la mise en scène du catalogue et ne sont pas des données vérifiables.

Une construction littéraire, pas une biographie

Dans cette entrée, Haures est relié aux thèmes suivants : la divination et les choses cachées ; la violence et le conflit ; les forces naturelles et le bestiaire ; la métamorphose et l’apparence. Le catalogue transforme ainsi des préoccupations humaines en fonctions attribuées à un personnage hiérarchisé.

Les phénomènes naturels attribués à cette figure étaient décrits avant les sciences modernes. Tempêtes, séismes et accidents ont des causes physiques ; les rattacher automatiquement à un démon nourrit la superstition.

Cette notice n’a pas d’existence indépendante de sa chaîne de manuscrits et d’éditions. Les variantes de nom, de rang et de fonction sont donc importantes : elles montrent que l’on étudie une tradition textuelle mouvante, et non un registre authentifié par l’Église.

Un éclairage académique et très suivi

The Lesser Key of Solomon & Goetia — Documentary History of Solomonic Magic, par la chaîne ESOTERICA du Dr Justin Sledge. Cette présentation universitaire, publiée en 2023, dépassait 600 000 vues lors de notre vérification en août 2026. Elle replace la formation de l’Ars Goetia dans l’histoire des textes ; elle ne valide ni les pratiques du grimoire ni l’existence particulière de Haures.

Lecture catholique

Le Catéchisme enseigne que Satan et les autres démons sont des anges créés bons qui ont librement refusé Dieu. Il n’authentifie pas les listes détaillées de la magie cérémonielle. Le chrétien n’a donc pas à rechercher le nom, le signe ou le prétendu domaine d’un esprit : il s’attache au Christ, vainqueur du Malin, par la foi, les sacrements, la prière et la charité.

En cas de souffrance spirituelle, psychique ou physique, il convient de s’adresser à des professionnels compétents et, pour l’accompagnement religieux, à sa paroisse ou à son diocèse. L’exorcisme solennel relève exclusivement d’un prêtre mandaté par son évêque.

Sources et repères

← Retour à l’index de la démonologie